vendredi , 5 juin 2020
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SENACIP 2019: le président Alpha Condé a présidé le lancement de la Semaine nationale de la Citoyenneté à l’UGANC

Le président de la République, son Excellence le professeur Alpha Condé, a présidé, ce mardi 17 décembre 2019, dans l’auditorium de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (SENACIP) sur le thème central: « droit et devoir des citoyens, usez de vos droits, faites vos devoirs ».

La cérémonie a regroupé autour du président de la république, le Ministre de la citoyenneté et de l’unité nationale, Mamadou Taran Diallo, des ministres, Monsieur le Recteur de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Prof. Doussou Lancinè Traoré, les vice-recteurs chargés des études et de la recherche, respectivement Prof. Cheick Abdoul Baldé et Dr Mariama Béavogui, la Secrétaire Générale, Dr Oumou Kourouma, des doyens de facultés, des Directeurs Généraux, des Chefs de départements, des enseignants-chercheurs, des étudiants et de très nombreux invités ainsi que des scribouillards.

Dans son discours, le Ministre de la citoyenneté et de l’unité nationale, Mamadou Taran Diallo a d’abord rappelé le but de la SENACIP de cette année. ‹‹ En prévision de ces échanges politiques, mon département suivant les directives du premier ministre, chef du gouvernement a cru devoir mettre l’accent sur les droits et devoirs qui se rattachent à l’exercice du vote qui est un droit constitutionnel, une expression et un pouvoir dont disposent les citoyens pour exprimer leurs aspirations », déclare-t-il.

Selon lui, les conflits politiques sont les plus préoccupants. « Les élections divisent, parce qu’au lieu d’être un outil citoyen  pour choisir des dirigeants par le vote, elles sont dévoyées et dénaturées parfois et dans certains endroit, en moyen de confrontation et de violences pour accéder  au pouvoir », dit-il.

De son côté, le président de la république, Pr Alpha condé a invité la jeunesse guinéenne à s’unir et à être solidaire pour l’intérêt de la nation.

«La jeunesse a toujours raison, dans tous les pays quand il y’a des mouvements, ça passe d’abord aux universités parce que les étudiants ont accès au savoir, ils sont les premiers à s’opposer aux injustices mais faudrait que ces étudiants se donnent la main, ils doivent être vacciné contre l’ethnocentrisme. Il est extrêmement important que vous ouvrez vos yeux, quand les hommes politiques vous parlent de savoir ce qu’ils vous proposent est-ce qu’ils peuvent le faire, mais il faut que les guinéens soient solidaires », lance-t-il.

Le chef de l’État a profité de cette tribune pour tresser des couronnes à son prédécesseur, feu général Lansana Conté, dont il salue le nationalisme cocardier. Une manière de faire porter le chapeau de la mauvaise gouvernance qu’on impute au président de la deuxième république à ces anciens Premiers ministres, que l’actuel chef de l’Etat voue aux gémonies.

Si l’opinion publique s’accorde à dire qu’Alpha Condé est resté opposé au général Lansana Conté tout au long du règne de ce dernier, il n’en était pas pour autant sur toutes les lignes. Parce que le mis en cause vient d’apporter un témoignage sur le défunt dont il a farouchement combattu la gouvernance.

S’adressant mardi 17 décembre 2019 aux invités qui étaient essentiellement des étudiants, mobilisés dans la salle de conférence de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry pour le lancement de la 4ème  édition de la SENACIP, le président de la République en 2010 a salué le sens de nationalisme qui a caractérisé le général Lansana Conté. Non sans rappeler son attachement à la défense de l’intégrité territoriale guinéenne. Alpha Condé l’a fait dans une adresse longue de 33 minutes extrait. Lisez!

« (…). Vous devez être vaccinés contre l’ethnocentrisme. Pourquoi ? Parce que vous devez savoir que ce dont vous avez besoin, c’est le développement de votre pays. Quel est le grand problème de l’Afrique aujourd’hui ? C’est l’emploi jeune. Pourquoi nos enfants vont devenir esclaves en Libye ou mourir dans les eaux de la Méditerranée ? S’ils pouvaient trouver ce dont ils rêvent en Europe – qui n’est qu’un rêve -, s’ils pouvaient trouver une partie de ça chez eux, pourquoi ils vont émigrer? Donc, il est extrêmement important que vous ouvriez les yeux. 

Quand les hommes politiques vous parlent, savoir qu’est-ce qu’ils vous proposent, est-ce qu’ils peuvent le faire. Si pendant dix ans tu n’as pas fait telle chose, comment tu peux le faire après ? 

(…). Partout où vous partez, vous ne pouvez pas vous débarrasser de votre carte d’identité guinéenne. Donc, il faut que les Guinéens soient solidaires. Si on n’est pas solidaires, si on ne se donne pas la main, nous serons les derniers. Parce que si les autres se donnent la main, ils iront plus vite que la Guinée.

La Guinée a une histoire très particulière. De tous les pays francophones, nous sommes les seuls qui ne sont pas membres du Franc CFA. Pourquoi ? Nous avons été les seuls à voter NON en 58. Et le nationalisme est ancré en Guinée.

Le président Conté n’était pas un intellectuel. Mais je vais vous dire quelque chose qui va vous surprendre. Pendant la guerre d’Irak, la Guinée était membre du Conseil de sécurité. Le président Chirac a envoyé son ministre Villepin. Le président Conté a refusé de le recevoir. Un ministre français, il a refusé de le recevoir.

Mieux, Mathurin est là. Il sait. Le président Bush a voulu lui parler au téléphone. Le ministre est allé le voir: ‘’le président Bush veut vous parler au téléphone.’’ Il n’a pas réagi. Il a dit: ‘’mais président, c’est le président Bush. C’est le président des États-Unis, le président du plus grand pays.’’

Il n’a rien dit. Ah, le ministre s’est inquiété. Il lui a dit: ‘’fous le camp! Je n’ai pas de compte (bancaire) en Amérique qu’il peut geler. Je m’en fous.’’

Alors, vous voyez, un chef d’État africain qui refuse de prendre le président des États-Unis au téléphone. Le président Conté l’a fait. Il y a combien de présidents qui ne sauteraient pas sur le téléphone quand Bush demande à lui parler? Donc, la Guinée a une histoire particulière. Et on devait en être fier. Parce que ce n’est pas Sékou Touré seulement »(…). 

Le président Conté disait: ‘moi, je ne sais pas. Je suis militaire. Vous les technocrates, faites ce qui est bien pour le pays. Moi, je vais m’occuper de l’Armée et protéger les frontières. Donc, on ne peut pas rendre responsable le président Conté si le pays a été mal géré. Il a laissé tous les pouvoirs. Lui, il s’occupait de l’Armée et de faire en sorte que nos frontières ne soient pas attaquées. 

Alors, posons-nous la question : pourquoi la Guinée a été si en retard? Qui est responsable ? Mais si vous ne vous posez pas cette question, n’importe quel vendeur d’illusions peut venir vous vendre ses illusions. Et demain, vous vous réveillerez bredouilles ».

A noter que du 17 au 23 de ce mois cinq mille six cent quarante-deux cadres du département, d’activistes de la société civile, d’administrateurs territoriaux, de nombreux jeunes et femmes épris de paix vont relayer pendant la semaine de la SENACIP sur l’ensemble du pays pour s’assurer que le message est bien passé auprès de tout le monde.