dimanche , 23 juillet 2017
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Dr. Doussou Lancinè TRAORE, Recteur de l’université : « L’UGANC a formé plus de 40 000 cadres supérieurs tant pour la Guinée que pour plusieurs autres pays africains. »

doussouL’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry Créée au lendemain de l’indépendance en 1962, cette institution d’enseignement supérieur a contribué à la formation de l’essentiel des cadres supérieurs du pays qui évoluent actuellement dans divers secteurs et œuvrent en faveur de son développement socio-économique et culturel.

A cette occasion, Gamal Info a rencontré pour vous le premier responsable de cette institution, Dr. Doussou Lanciné TRAOREqui a bien voulu se prêter à nos questions pour feuilleter  avec lui les pages d’histoire de la première université de Guinée de sa création à nos jours.

Gamal Info : Monsieur le Recteur, pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?

Dr. Doussou Lanciné TRAORE : Je suis Dr. Doussou Lanciné TRAORE, Recteur de l’UGANC, PhD, Ingénieur Génie Civil ; j’ai effectué mes études supérieures et postuniversitaires à Moscou (République Fédérale de Russie).

Depuis mon retour au pays en 1990, j’évolue dans le système éducatif, plus précisément au  niveau de l’enseignement supérieur. Je dirige actuellement l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

De 1998 à 2006, j’ai participé activement aux différents programmes de réformes organisationnelles et fonctionnelles que l’Université a connues.

1998-2000 : Membre de la commission d’élaboration du document de base de la formation des  ingénieurs de conception et de travaux à l’Institut Polytechnique.

2000-2001 : Président de la commission chargée de l’étude des projets dans le cadre de l’EPT (Education Pour Tous) au sein de l’Institut Polytechnique.

2002-2003 : Membre de la commission d’Audit interne de l’Institut Polytechnique.

2003 : Membre de la commission d’élaboration du Plan de Développement Institutionnel (PDI) de l’Institut Polytechnique.

2005-2006 : Membre  de la commission de projet de rénovation des programmes de Licence en Génie Civil.

2002-2004 : Chef de département de génie Civil

2004-2011 : Secrétaire Général de l’Institut Polytechnique. En tant qu’enseignant-chercheur, j’ai quelques articles scientifiques à mon actif dans le domaine de l’hydroélectricité, des problèmes de traitement d’eau et d’assainissement.

Aussi, j’ai encadré plus d’une trentaine de mémoires de fin d’études supérieures, principalement dans le domaine des aménagements hydro-énergétiques.

L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry est la première Université en Guinée. Pouvez-vous la présenter ?

La célébration du 4ème anniversaire de l’accession de la Guinée à la souveraineté nationale a donné l’opportunité au jeune Gouvernement de la Première République de poser un acte historique, celui de l’ouverture en 1962 de la Première Institution d’Enseignement Supérieur du pays, de la sous-région de la période postcoloniale, l’Institut Polytechnique de Conakry (IPC). C’est seulement plus tard que la création de cette institution a fait l’objet du Décret N°402/PRG promulgué le 12 février 1965.

Cette volonté politique du Gouvernement répondait au besoin de former sur place des cadres hautement qualifiés dans toutes les branches et disciplines de la science et de la technique, et de promouvoir la recherche en science pures et appliquées.

Au fil des années, l’IPC s’est structuré et développé pour prendre en 1970 l’appellation Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry (IPGANC) en hommage à l’ancien Président Egyptien et ensuite devenir en 1989 l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) suite à la politique libérale prônée par le Gouvernement de la deuxième République.

Du point de vue historique, c’est le référentiel soviétique qui fut adopté comme première architecture pédagogique. Ce référentiel consiste en un cycle unique de cinq (5) ans se terminant par l’élaboration et la soutenance d’un mémoire de fin d’études supérieures.

En 1984, après le changement de régime politique en Guinée et l’ouverture du pays, certaines structures (la Faculté des Sciences et la faculté des lettres et sciences Humaines) adoptèrent le référentiel pédagogique français : diplôme d’études Universitaires Générales (DEUG) ) Bac + 2 ans. Licence (Bac + 3 ans), maîtrise (Bac+4 ans).

En 2002, une auto-évaluation du système d’enseignement Supérieur a mis en exergue un certain nombre de faiblesses notamment :

–       La superposition de régimes pédagogiques issus de référentiels différents ;

–       La prépondérance des filières longues impliquant une durée moyenne assez longue des études.

Qu’est-ce que vous aviez fait pour corriger ces faiblesses ?

Pour y remédier, il a été décidé de procéder à la rénovation des programmes d’Enseignement Supérieur en vue de passer à un référentiel pédagogique beaucoup plus universel compte tenu de la globalisation de l’Enseignement Supérieur. Cela a conduit à la mise en place du nouveau système pédagogique Licence-Master-Doctorat (LMD) à l’implantation des programmes d’études avancées et d’écoles doctorales.

Ainsi, il découle de tout ce qui précède que l’UGANC est l’Université Mère en Guinée qui demeure la principale vitrine de notre enseignement Supérieur et par conséquent une fierté nationale.

Il semble que l’essentiel de nos cadres supérieurs sont passés par là. Qu’en dites-vous ?

C’est vrai ! Des cadres hautement qualifiés ont été formés dans toutes les branches et disciplines de la science et de la technique. Ainsi, la formation universitaire est devenue un facteur décisif dans l’impulsion du processus de développement national.

L’UGANC a tout d’abord à son actif l’accompagnement du pays dans son processus d’épanouissement social, culturel et économique par la formation de plus de 40 000 cadres supérieurs tant pour la Guinée que pour plusieurs autres pays africains.

Il convient de noter que la plus grande réussite de l’UGANC est qu’elle demeure l’institution qui a formé la plupart des cadres qui ont géré et continuent à gérer le pays ainsi que les grandes Sociétés de la place. Elle continue d’avoir la charge de mettre à la disposition des secteurs publics, mixtes et privés des cadres compétents et capables de participer efficacement au processus de développement durable de notre pays.

Quel diagnostic faites-vous du système LMD ?

La mise en œuvre de cette nouvelle architecture pédagogique à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a connu un certain nombre de faiblesses parmi lesquelles nous pouvons citer, entre autres :

–       L’insuffisance de la qualité de l’apprentissage pour diverses raisons (effectifs pléthoriques, insuffisance de lieux de stage, manque de laboratoires, etc.)…

–       L’insuffisance et la mauvaise gestion des matériels didactiques et pédagogiques ;

–       La faiblesse de l’accès à l’information scientifique et documentaire ;

–       L’insuffisance de la formation pédagogique universitaire ;

–       L’inadéquation du profil d’entrée des étudiants avec les objectifs de formation universitaire ce qui dénote un déphasage entre les formations au secondaire et au supérieur.

–       L’insuffisance des ressources humaines et la mauvaise gestion du personnel existant affectent négativement la pertinence sociale en termes d’accès, d’efficacité interne et externe, d’équité, de flexibilité des programmes et de confort pédagogique ;

–       L’insuffisance du nombre des enseignants-chercheurs de rang magistral est préjudiciable à la qualité des programmes ainsi que la crédibilité de la formation.

Il faut ajouter à cela le vieillissement du personnel de rang magistral accentué par la non-disponibilité de jeunes spécialistes et la rareté des bourses de formation qui constituent d’autres menaces pour la qualité des enseignements-apprentissages.

–       L’absence du discours politique qui devrait sous-tendre la mise en œuvre de cette nouvelle architecture pédagogique en Guinée.

Quels sont les acquis du système LMD ?

Malgré les faiblesses constatées dans la mise en œuvre du système LMD au niveau de l’UGANC, on peut noter cependant avec satisfaction des acquis qu’il est possible d’identifier selon les trois aspects ci-après :

  1. L’autonomie constatée chez les étudiants à tous les niveaux. Cette autonomie se réalise par la prise en charge par eux-mêmes des dimensions majeures de la formation- apprentissage hors présentiel ;
  2. L’esprit critique de développement au fur et à mesure de leur parcours. Cet esprit critique se caractérise aujourd’hui par une appréciation positive de l’essentiel de leur intervention ;
  3. La lisibilité et la visibilité des programmes de formation aussi bien chez les étudiants que chez les enseignants-chercheurs.

Pour vous inscrire dans la dynamique du changement prôné par le Pr. Alpha CONDE, quelle politique sectorielle envisagez-vous dans le cadre de la formation des formateurs ?

Il faut reconnaître que la formation des formateurs est un défi majeur pour l’enseignement supérieur guinéen. Car le personnel est vieillissant. Pour ce faire, depuis ma nomination à la tête de cette Institution, je me suis inscrit dans la politique du Gouvernement du Pr. Alpha CONDEbasée sur la bonne gouvernance afin de faire de la Guinée un pays émergeant. Je suis en effet, persuadé que tout développement passe nécessairement par la formation non seulement des jeunes mais aussi des cadres pour être au diapason de l’évolution actuelle du monde. C’est pourquoi, je me suis engagé à donner vie aux différentes formations doctorales et avancées. Mais les problèmes existent toujours faute de moyens et de personnel d’encadrement de rang magistral suffisant. Néanmoins, grâce au concours de l’Etat et de certains partenaires de développement, des enseignants-chercheurs effectuent régulièrement des voyages d’études et des stages dans les pays développés.

Toutefois, l’espoir est permis car, le Président de la république, Pr. Alpha CONDE nous accompagne sans réserve, lui qui nous donne comme objectif la création de cinq universités d’excellence dédiées chacune à l’un des pôles de l’émergence. Je souhaite que Dieu puisse accorder santé et longévité pour concrétiser les bonnes actions qu’il a entreprises en faveur de la jeunesse guinéenne.

4 commentaires

  1. deba kondo alain roland

    bonjour ,onsieur je vous prie de bien vouloir me donner tout les renseignements possible concernant votre universite je suis ivoirien

  2. bonsoir m. je suis ivoirienne desirant etudier a l uganc j aimerai connaitre la date fr la rentrée 2015-2016 et 2016-2017 merci

  3. Bonjour, Je suis doctotrant guinéen en Informatique en France. J’aimerais prendre contact pour obtenir différentes informations.

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