dimanche , 23 juillet 2017
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Dr Boubacar Sylla, vice-recteur chargé des études de L’UGANC

boubakarsyllaA l’occasion du 2ème numéro de votre trimestriel d’informations générales, nous avons rencontré pour vous le Vice-recteur chargé des études de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry afin de prendre langue avec lui. Le métronome des cours enseignés dans les classes, Dr Boubacar Sylla nous a parlé de sa mission et le système LMD. En exclusivité ! 

Gamal Info : présentez –vous à nos lecteurs 

Dr Boubacar Sylla: Devant  vous, Dr. Boubacar SYLLA, Vice-recteur chargé des Etudes de l’UGANC.

Parlez-nous de votre parcours professionnel

Mon parcours professionnel remonte à l’année 2000 quand j’ai eu l’honneur et le bonheur d’être promu pour la première fois Directeur du 1er  cycle de la Faculté des Sciences. Quatre ans plus tard, j’ai été nommé Doyen de la même faculté, puis en 2008 Vice-recteur chargé des Etudes de l’UGANC, poste que j’occupe jusqu’à nos jours.

Quelle est la situation actuelle des études à l’UGANC ?

En tant que  Vice-recteur chargé des Etudes, j’ai pour tâche de veiller  à la bonne marche de la première des trois missions de notre Université, à savoir la pédagogie, tout en m’impliquant dans le maintien de l’ordre et de la discipline au sein du Campus. A ce titre, je suis d’ailleurs le Président du Conseil Pédagogique et du conseil de discipline. Pour revenir à votre question, je vous dirai que le déroulement des activités pédagogiques est satisfaisant à l’UGANC. Nous apportons d’année en année des innovations de nature à parfaire le cadre des études sur le Campus. Jadis caractérisé par des troubles à répétition, corollaires d’une gestion administrative et pédagogique qui laissait à désirer, notre Université a, depuis bientôt 2 ans, renoué avec la quiétude.

A cause des effectifs pléthoriques, nous avons multiplié les groupes pédagogiques de manière à ce que les étudiants ne s’arrêtent plus pour suivre les cours comme ce fut le cas dans un passé récent. IL est vrai que nos effectifs qui, il y’a deux ans, se chiffraient à plus de 16000 étudiants, n’atteignent plus 10000. Tous les nouveaux étudiants ont été accueillis, informés et sensibilisés avant d’être dotés chacun d’un extrait du règlement des études de licence LMD.

Un registre de contrôle assuré par une équipe rémunérée à cet effet, fonctionne chaque jour de 8h à 18h pour nous rassurer de l’assiduité et de la ponctualité des enseignants en classe.

Nonobstant la faculté de Médecine-Pharmacie-Odontostomatologie, la faculté des sciences, le Centre Informatique et l’Institut Polytechnique étudient respectivement du Lundi à Mercredi pour les uns et du Jeudi au Samedi pour les autres. Tout cela pour une gestion efficiente des effectifs et un contrôle mieux suivi du déroulement des cours dans notre Université.

Le calendrier académique 2012-2013 initialement prévu pour début Octobre 2013 a été revu et réaménagé sur la période allant du 1er Novembre au 2 Juillet 2013  inclusivement. Les cours et évaluations du 1er semestre ont pris fin le 9 mars 2013. Le tableau est très reluisant quand aux statistiques des résultats, du moins en ce qui concerne la Faculté des sciences, le Centre Informatique et l’IPC. S’agissant de la Faculté de Médecine-Pharmacie-Odontostomatologie, les départements de Pharmacie, de Sciences Fondamentales et d’odontostomatologie ont pu respecter le même calendrier académique et les cours du 2ème semestre vont bon train.

Votre point de vue du système LMD et les difficultés rencontrées.

C’est vrai que la même question revient toujours en ce qui concerne le système LMD. Ce système est universel et a des atouts incontestables. Il permet entre autre la mobilité des enseignants et des étudiants, la capitalisation des acquis et un meilleur suivi du cheminement des apprenants. C’est un système d’enseignement supérieur que je trouve très performant en tant  que tel.

Cependant, les réalités étant loin d’être les mêmes d’un pays à un autre, voire d’une université à une autre, je comprends bien que le système LMD n’ait pas que des amis dans notre pays.

Ce qui du reste ne doit pas surprendre dès lors qu’il s’agit de changer de comportement. En effet, le système LMD exige de la part des différents acteurs un changement de paradigme: Il s’agit pour les administrateurs de gérer autrement,  pour les enseignants d’enseigner autrement et pour les étudiants d’étudier autrement.

Vous comprendrez alors qu’il n’y a aucune raison objective de se fâcher contre un système dont on ne respecte ni le règlement, encore moins les exigences en termes de mesure d’accompagnement. Vous conviendrez donc avec moi que, de   là  à  parler  du système LMD à la guinéenne, il n’y a qu’un petit pas qu’il n’est pas difficile de franchir.

Le paradoxe dans tout cela est que notre pays, nos universités, ‘exception faite de la faculté de Médecine, se sont lancées dans ce système sans que les mesures d’accompagnement ne suivent correctement. Sans  avoir la prétention de faire l’autopsie du système LMD en Guinée, je voudrais observer cependant qu’il pêche avant tout par le non respect de la principale règle du jeu : le règlement des études qui en constitue la « bible » est mal appliqué. Je n’ai aucune  prétention de réclamer la paternité de ce constat qui, s’il reste encore actuel, a été celui des experts canadiens réitérés par les évaluateurs nationaux en 2010. En vérité, les maux dont souffre le système LMD en Guinée perdurent moins par leur ignorance, que par le suivi et l’application correcte des recommandations issues des différentes expertises.

Quels sont les projets pour l’année académique en cours ?

A la lumière de ce que je viens de mentionner plus haut, vous comprendrez que notre souci majeur est de veiller autant que faire se peut, à l’application du règlement des études de licence. Cela passe aussi bien par la poursuite de la formation de chacun des acteurs concernés à l’appropriation du système LMD, que par la sensibilisation des futurs bacheliers, par l’organisation des séances de formation des formateurs en pédagogique universitaires et par l’amélioration du cadre de vie et de travail des enseignants et des étudiants.

Le mot de la fin.

Je terminerai mes propos en exprimant le souhait que notre université continue à bénéficier des bienfaits du vent du renouveau qui souffle fort heureusement sur notre Campus, avec la nomination d’une nouvelle équipe avec à sa tête le recteur Dr. Doussou Lanciné TRAORE. Il n’y a qu’à jeter un regard critique et rétrospectif sur l’environnement de notre université pour se rendre à l’évidence qu’en si peu de temps, notre campus change de visage. Il y fait mieux vivre et les étudiants et enseignants ne tarissent pas d’ailleurs d’éloges à l’endroit des nouveaux dirigeants. Des efforts louables sont fournis pour l’équipement progressif des laboratoires en kits et réactifs.

Je voudrai aussi remercier très sincèrement le personnel enseignant, les étudiants et tous les contractuels pour la matérialisation de leur farouche volonté à accompagner le rectorat dans sa mission de relever progressivement et obstinément les défis qui l’interpelle.

Je vous remercie