mardi , 20 août 2019
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Dédicace du livre « Alpha Condé, une certaine idée de la Guinée » à l’UGANC : les autorités universitaires massivement mobilisées

L’auditorium de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a été l’unique cadre choisi par le président de la République, le Professeur Alpha Condé pour la cérémonie de dédicace de François Soudan, intitulé « Alpha Condé, une certaine idée de la Guinée » le jeudi ce jeudi 25 juillet 2019.

A cette grande occasion, a regroupé l’ensemble des autorités universitaires notamment Monsieur le Vice-recteur chargé des études, Prof. Cheick Abdoul Baldé, Madame le Vice-recteur chargé de la recherche, Dr Mariam Béavogui, Madame le Secrétaire Général, Dr Oumou Kourouma, les Doyens de faculté et Directeurs Généraux, des Enseignants-chercheurs et étudiants.

Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha Condé était en compagnie de Monsieur Naby Youssouf Kiridi Bangoura, ministre d’Etat secrétaire général à la présidence, Monsieur Tibou Camara, ministre d’Etat conseiller personnel du Chef de l’Etat et ministre de l’industrie et Monsieur Damantang Albert Camara ans ainsi que des diplomates accrédités en Guinée et des hommes de lettres.

Dans ce livre d’entretiens recueillis à Conakry, le président de la République revient sur l’itinéraire hors norme qui est le sien, de la Sorbonne au palais Sékhoutoureya, en passant par la maison d’arrêt de Kaloum, mais aussi le combat de la mythique fédération des étudiants d’Afrique.

A la fois témoin et acteur de son temps, le président Alpha Condé, selon l’auteur du livre, il a une certaine idée de la Guinée et de son destin, qu’il fait découvrir dans cet ouvrage.

Préfacé par Albert Bourgi, ami d’Alpha Condé et publié aux éditions Favre-La Revue, l’ouvrage de 129 pages est subdivisé en trois parties : les années ardentes, les années de braise et les années d’espoir.

Un passage non moins important, ce document qui sera certainement un jour un livre d’histoire qui sera enseigné dans nos école, le Président Alpha Condé a levé un coin du voile sur certains « non-dits » de la présidentielle de 2010 et il explique comment il a gagné sur le fil du rasoir face à Cellou Dalein Diallo au second tour de la présidentielle agitée de 2010.

Le dirigeant guinéen révèle également qu’il a échappé de justesse à un coup d’Etat ourdi par le Général Nouhou Thiam sept mois après son investiture. Il dit avoir été sauvé par le  colonel Jo qui avait le contrôle  des Blindés et des armes lourdes,  qui a refusé d’y prendre part. Africaguinee.com qui a feuilleté ce livre vous livre ces extraits.

Sékouka Konaté  a voté contre moi…

Ce qui est évident, c’est que Général Sékouba n’était pas de mon côté. La thèse développée à l’époque était la suivante : si Alpha prend le pouvoir, les Peuls ne l’accepteront pas, si c’est Cellou, ce sont les Malinkés qui ne l’accepteront pas. Il faut donc donner le pouvoir à quelqu’un issu d’une minorité. Lors de l’élection présidentielle de 2010, le président Sékouba n’a pas voté pour moi au premier tour. Il a appelé les militaires à voter pour quelqu’un d’autre. Mais les résultats de l’élection reposaient sur le décompte électronique ou manuel. Or quand le décompte électronique me donnait 100, on me disait que j’avais 10. Quand Cellou avait 10, on disait qu’il avait 100. Je savais très bien que ces écarts ne reposaient sur aucune réalité. C’est pourquoi j’ai annoncé que je n’irais pas au second tour s’il n’y avait de décompte manuel. Il faut savoir que les membres de la CENI dont son président (feu Ben Sékou Sylla, ndlr), étaient du côté du candidat Sidya Touré et ceux qui s’occupaient du décompte électronique étaient tous pour le candidat Cellou Dalein Diallo. Ils avaient des hommes partout, ce qui n’était pas mon cas.

Départ de Konaté et les manœuvres de Nouhou Thiam

En réalité, le Président Sékouba est parti avec l’espoir de revenir deux mois plus tard. Il pensait que ça n’allait pas durer. Il avait versé deux mois de salaires à ses hommes. Dès mon élection, le Général Nouhou Thiam s’est donc opposé à moi car je ne voulais pas laisser Tibou Kamara quitter le pays, comme me le demandait Sékouba Konaté. « Pour que les gens puissent partir, il faut d’abord qu’on fasse un état des lieux », me suis-je justifié auprès de Sékouba. On m’a alors dit : «  Si  tu ne le laisses pas partir, ils vont brûler le pays ». Le Général Thiam m’a affronté et j’ai dû le destituer. Sept mois après mon investiture, ils ont voulu lancer une opération contre moi. Ce qui m’a sauvé, c’est que le  colonel Jo qui avait le contrôle  des Blindés et des armes lourdes, a refusé d’y prendre part. Sinon, il était question de me renverser ce jour-là.

Pensiez-vous réellement gagner les élections ? 

OUI. Lors d’une rencontre avec les diplomates chez l’ambassadeur de l’Allemagne, j’avais dit : « vous êtes tous contre moi, vous pensez que je suis gauchiste communiste.  Mais ici, en Guinée, le  peuple de Guinée est souverain : je vais gagner. » Et je suis parti. Je savais que le décompte électronique aboutirait à une manipulation des chiffres, mais que si je parvenais à imposer le décompte manuel, je l’emporterais.

Quand Sidya Touré a décidé de soutenir Cellou Dalein Diallo pour le second tour, sa base n’a pas suivi et m’a rejoint. L’électorat de Basse-Guinée s’est mobilisé derrière moi. Je disais alors : « Même si une femme accouche d’un serpent, elle ne va pas le jeter, elle va l’attacher. C’est-à-dire qu’on peut ne pas savoir qui est  ton père, mais on ne peut pas ne pas savoir qui est ta mère ». Ce fut un déclic pour les populations soussous et autres. Et puis  il y a eu d’autres alliances, notamment l’alliance arc-en-ciel, qui regroupait de nombreux partis. Il y a eu enfin le comptage manuel, qui prémunit contre les fraudes, car si les résultats sont contestés, il suffit de recompter les bulletins ».

 

A lire absolument … !